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Accueil du site > Réflexion et opinion > Le logiciel libre dans la lorgnette du Ministre Reid.

Le samedi 8 mai 2004, par René Rancourt

Le logiciel libre dans la lorgnette du Ministre Reid.

Voici l’essentiel des propos que le ministre Reid à tenu lors des travaux parlementaires sur la Commission de l’éducation, le 5 mai 2004.

"..il ne suffit pas de mettre un branchement entre deux utilisateurs puis de penser que tout va arriver tout seul, il y a aussi beaucoup d’autres travaux qui sont faits. J’avais déjà cité les travaux sur le logiciel libre, par exemple, l’année dernière, ça a beaucoup évolué cette année, ça a avancé. Ça aussi, c’est très prometteur pour nous permettre d’avoir dans les écoles, dans toutes les écoles des logiciels qui sont essentiellement les mêmes que ceux qu’on aura dans les milieux de travail, mais qui ne coûteront pas ce que coûtent les licences d’entreprises de logiciels qui, lorsqu’on les multiplie par 1 million d’enfants, sont inabordables pour un pays. Mais pour une société comme la nôtre avec des compétences extrêmement avancées, bien, on peut compter sur des projets comme MILLE, par exemple, pour nous donner des outils qui n’auront pas les mêmes types de structure de coûts et qui permettront à nos enfants non seulement d’avoir accès à une fibre, mais aussi d’avoir accès à des logiciels de qualité pour tirer un maximum de ce que la nouvelle technologie peut apporter même si on est dans un endroit où en temps normal ce ne serait pas avant 10 ans ou plus qu’on aurait accès à la fibre et à la haute vitesse.."

19 Messages de forum

  • 8 mai 2004 21:57, par Clément Laberge

    Je me réjouis que le logiciel libre soit dans la lorgnette du ministre Reid, mais il me semble qu’on passe à côté de quelque chose d’important ici...

    Je m’inquiète particulièrement quand je le vois dire que l’objectif est de « nous permettre d’avoir dans les écoles, dans toutes les écoles des logiciels qui sont essentiellement les mêmes que ceux qu’on aura dans les milieux de travail, mais qui ne coûteront pas ce que coûtent les licences d’entreprises de logiciels qui, lorsqu’on les multiplie par 1 million d’enfants, sont inabordables pour un pays. »

    En effet, si l’intérêt que le ministre porte au libre repose sur le fait que les écoles aient dorénavant « pour moins cher » ce que les « entreprises ont les moyens de se payer » alors là, moi je décroche ! Sérieusement, comment on pourra motiver les gens avec ça ? Le libre, un projet de résignation ? Non merci. C’est tout le contraire à mon sens !

    Je me trompe ou l’objectif est plutôt de (re)donner les moyens aux écoles de se développer des outils mieux adaptés aux réalités du monde de l’éducation, aux besoins d’enfants qui vivent ensemble des démarches d’apprentissage, etc. Tout ça grâce à des communautés de développement dans lesquelles toutes sortes de monde pourra être engagé : de petites entreprises privées, des profs, des professionnels bénévoles, du Québec et d’ailleurs, etc.

    On veut pas refaire Microsoft Word pour moins cher ! On veut se doter d’un traitement de texte qui convient mieux aux enfants. Et d’outils d’apprentissages qui travaillerons aussi bien ensemble que la suite Office, mais qui ne seront pas fait pour répondre d’abord et avant tout au besoin du personnel de secrétariat.

    La question est moins de payer moins cher que d’être moins dépendant. Autrement on perverti l’idée à mon sens ?

    Peut-être suis-je trop puriste ? Ou utopiste ? N’empêche, ça me semble tellement plus motivant présenté ainsi... Pas vous ?

  • 9 mai 2004 08:40, par Pierre Lachance

    Bonjour à vous.

    Comme pour tout texte, l’interprétation du lecteur prend une place importante. Ici M. Laberge interpète les mots du Ministre avec ses « yeux » (ce que je fais moi aussi). Voici donc mon interpétation :

    Quand le ministre dit : « [...]nous permettre d’avoir dans les écoles, dans toutes les écoles des logiciels qui sont essentiellement les mêmes que ceux qu’on aura dans les milieux de travail[...] » moi je le prend dans le sens qu’on peut avoir dans les classes des outils d’aussi bonne qualité que dans le milieu du travail. Car dans le public, on pense (probablement à raison) que le milieu du travail a de bien meilleurs outils que dans le monde scolaire. Donc le ministre redonne espoir aux écoles de se doter de tels outils.

    Lorsque que M. Laberge écrit : « On veut pas refaire Microsoft Word pour moins cher ! On veut se doter d’un traitement de texte qui convient mieux aux enfants. » j’ai un peu peur. Car j’y interprète que les jeunes ne sont pas capable d’utiliser efficacement des outils comme OpenOffice.org ou encore Abiword ! Ce que je sais faux, car j’ai vu des élèves de premier cycle primaire exploiter ces outils pour des productions scolaires. Personnellement je ne mettrais pas de temps (et d’argent) pour programmer un autre traitement de texte, même si le but de l’adapter est louable. Mais plutôt de programmer des outils pédagogiques qui n’existent pas et qui aurait un intérêt pédagogique réel (ce qu’un traitement de texte n’a pas selon moi, mais c’est une opinion).

    Dans cette phrase : « La question est moins de payer moins cher que d’être moins dépendant. Autrement on perverti l’idée à mon sens ? » on y retrouve effectivement le coeur du problème. Présentement (de moins en moins, car le libre avance) le Québec (et ailleurs) est dépendant d’entreprises qui ne veulent pas nous aider à éduquer, mais bien augmenter leurs profit$. Ce qui a des effets pervers comme de diminuer le nombre d’ordinateurs dans nos écoles (car on paie des licences) ou encore de cautionner la « publicité » de ces entreprises (si Word est le seul TT que le jeune a utilisé à l’école, qu’est-ce qu’il achètera lorsqu’il sera grand ?).

    Finalement, M. Laberge écrit : « Peut-être suis-je trop puriste ? Ou utopiste ? », vous êtes sur le bon site pour que les lecteurs vous comprennent ;o) car pour faire avancer une société, on a besoin de gens de la sorte.

    Le ministre Reid prend un « risque politique » en nommant le logiciel libre comme étant une solution à des problèmes de notre société. Mais je l’appuie comme citoyen et comme éducateur.

    Merci merssieurs Reid et Laberge.

  • 9 mai 2004 09:46, par Stéphane Allaire

    Je vous invite à lire ce billet de Michel Desbiens à propos des traitements de texte : http://carnets.ixmedia.com/osmoze/archives/005083.html

    Il ne s’agit pas de présumer que les élèves sont incapables d’utiliser efficacement OpenOffice. L’utilisation que nous faisons des objets qui sont dans notre environnement, et plus particulièrement des outils technologiques dans le cas qui nous intéresse, dépend en partie de ce que ces outils nous offrent comme possibilités d’interaction. Je fais ici directement référence à la théorie des affordances de Gibson, théorie qui a été reprise par des gens tels Norman dans un contexte plus éducatif. Le problème, ce n’est pas les élèves. Non ! Ils utilisent MS Office et OpenOffice pour ce qu’ils permettent de faire. Le problème, c’est justement ce que permettent ou ne permettent pas d’accomplir ces outils !

  • 9 mai 2004 09:51, par Clément Laberge

    Pierre Lachance m’amène à préciser un point.

    Quand je formule le souhait que le logiciel libre nous permette d’offrir aux élèves des logiciels qui sont mieux adaptés à des situations d’apprentissage (et à des contextes où on souhaite que les enfants développent une véritable culture de réseau) je veux dire que je souhaite qu’on puisse leur offrir des logiciels qui les aident à « à écrire » plus qu’à « faire de beaux documents » (je caricature, pour l’exemple).

    En d’autres mots, un traitement de texte c’est bien... mais ça manque d’outils pour apprendre à articuler ses idées, à s’exprimer clairement, etc. Ça n’a d’ailleurs pas été fait pour ça. Ce n’est pas le besoin d’une secrétaire, mais c’est celui d’un élève. C’était ça le sens de mon intervention... parce qu’évidemment je ne doute pas un instant que les enfants, même au primaire, soient capables d’utiliser efficacement des outils comme OpenOffice.org ou encore Abiword. Ils méritent simplement mieux.

    Tout ne se fera pas du jour au lendemain, évidemment, et il ne s’agit pas de reprendre la programmation d’un logiciel de traitement de texte « de zéro » mais d’adapter progressivement ces logiciels pour en faire des outils au service de l’apprentissage (ce pour quoi ils n’ont généralement pas été conçus au départ).

    J’appuie évidemment aussi le ministre comme citoyen et comme éducateur... tout en l’invitant à poursuivre sa découverte du logiciel libre et des enjeux associés. Sa perspective actuelle est intéressante, mais très limitée par rapport à l’ensemble. À mon humble avis du moins...

  • 9 mai 2004 20:33, par René Rancourt

    Un simple commentaire :

    Comme informaticien, professeur d’informatique et Recteur de l’Université de Sherbrooke (un partenaire dans l’élaboration d’EduLinux), le ministre Reid est à mon avis le rare politicien à avoir autant les connaissances de la technique et des modalités d’implantation que celle des enjeux liés au libre..

  • 9 mai 2004 21:17, par R. Ouellette

    Quelques mots sur les traitements de texte avant de parler des propos de M. Reid.

    Je ne connais pas iTexte, mais je peux vous parler de LyX dont l’utilisation ressemble à ce que vous semblez rechercher. Tous les traitement de textes usuels se ressemblent : OpenOffice.org, AbiWord, Word, WordPerfect, AmiPro et ont TOUS en commun ce comportement : ils miment la bonne vieille machine à écrire en alignant des caractères bêtement les uns à côté des autres sans structurer les documents.

    LyX est un traitement de document. Vous n’avez qu’à taper votre texte sans vous soucier de son apparence, c’est l’ordinateur qui fera l’essentiel du formatage en respectant les règle de la typographie. Vous vous concentrez sur votre texte, vous le structurez à mesure que vous le tapez grâce à des choix d’environnement provenant d’un menu déroulant et dont les choix dépendent de la classe de document tapé : livre, article, lettre, poème, thèse pour l’Université Laval, etc.

    Avec LyX l’approche est moderne : impossible de faire deux espaces de suite, impossible de faire deux fois la touche Entrée, il n’y a pas de tabulateur... Mais si vous voyiez le résultat ! Des présentations parfaites, table des matières auto-générées, hyperliens fonctionnels, génération d’index, conversion au format pdf d’un simple clique, impression RIGOUREUSEMENT identique qu’elle que soit l’imprimante ou le lieu où vous imprimez et un format de fichier on ne peut plus pérenne : du simple texte plat avec des balises ! LyX n’est pas bête, vous pouvez aussi paramétrer vous-même vos textes selon vos goûts.

    LyX est habituellement installée avec toutes les distributions Linux, il existe maintenant pour Windows. LyX respecte les normes i18n de l’internationnalisation, son interface s’ouvrira dans votre langue. Infos à http://www.lyx.org. LyX est idéal pour des travaux de recherche à l’école, mais pas pour l’affiche accrocheuse pour annoncer une activité, auquel cas il faut utiliser Scribus, un puissant outil d’éditique libre et gratuit (à la InDesign ou QuarkExpress).

    Quant aux propos de M. Reid, à la première lecture j’ai réagi comme M. Laberge. Les logiciels libres ne pas des logiciels de seconde zone, un pis aller économique à défaut des solutions commerciales. Loin de là ! Lisez impérativement ce superbe texte de Jean-Claude Guédon « Comment informatiser intelligemment les écoles » paru en octobre 1998 dans Québec Sciences http://www.quebecscience.qc.ca/cyber/4.0/oct98/linux.asp. Un texte étonnament d’actualité vous verrez !

    C’est néammoins encourageant de savoir que le Ministre de l’Éducation connaît l’existence des logiciels libres et de Linux. Après tout, il était recteur de l’Université de Sherbrooke lorsque le projet ÉduLinux a été lancé !

    Raymond Ouellette

  • 9 mai 2004 21:22, par Clément Laberge

    Je suis bien conscient que nous avons une très grande chance d’avoir présentement un ministre qui connaît cet univers. Je répète qu’il a mon appui dans ça et que je me réjouis de le voir appuyer le libre. Je souhaite aussi qu’il partage avec le personnel de son ministère sa conviction pour le libre.

    Je maintiens néanmoins qu’il est néfaste à moyen terme de faire la promotion du libre principalement sur la base d’économies de coûts. C’est une dimension de l’affaire et pas nécessairement la plus déterminante pour les écoles — je pense.

    Le projet Mille, en particulier, est exemplaire et a besoins de pouvoir compter sur des appuis politiques importants. Sur notre appuis à tous, également. Vous savez qu’il peut compter sur le mien.

  • 10 mai 2004 12:03, par Pierre lachance

    Ho ! Merci à tous des réactions. On approche de quelque chose ;o)

    En ce qui concerne le « traitement de texte », je comprend maintenant ce que M. Laberge voulait dire. Je suis d’accord avec lui. M. Michel Desbiens m’avais d’ailleurs montré sont « constructeur de texte » (je le renomme car c’est plus qu’un outil qui traite (mise en page) du texte, il en facilite la construction (idées, plan, structure...)) et je crois que cet outil favoriserait l’apprentissage.

    C’est sur ce genre d’outils que nous devrions peut être travailler durant les prochaines années. Peut être qu’une équipe de développeurs prendront le flambeau, qui sait ?

    Au plaisir.

  • 10 mai 2004 20:08, par Clément Laberge
    Je pense effectivement que c’est autour de ce genre de projets de logiciels « faits pour apprendre » que nous devrions concentrer nos efforts de développement et bâtir des équipe de développeurs. C’était le sens de mon intervention.
  • 13 mai 2004 14:35, par Marc Lavallée

    Clément Laberge a écrit :
    Le libre, un projet de résignation ? Non merci. C’est tout le contraire à mon sens !

    Je suis tout à fait d’accord. Tant que les logiciels libres ne seront considérés que sous l’angle technique et économique, on va manquer le bateau. Les logiciels libres sont avant tout un patrimoine collectif à s’approprier, faire évoluer et conserver ; que ça coûte plus cher ou soit plus difficile importe peu. Heureusement, les logiciels libres offrent des avantages pratiques et sont très conccurentiels avec les logiciels propriétaires, mais c’est malheureusement ce qui les rend intéressants à Mr. Reid qui semble réduire ses concitoyens à de simple consommateurs.

    L’autre problème avec Mr. Reid, c’est qu’il a dirigé l’université de Sherbrooke comme s’il s’agissait d’une grosse entreprise privée, ce qui fait qu’aujourd’hui une part substentielle du budget de l’université provient de ses brevets. Il ne peut donc pas considérer les logiciels libres autrement que par leurs avantages économiques, puisque si les brevets logiciels menacent les logiciels libres, il retournera sa veste au premier problème légal et fera d’abord la promotion des logiciels "légaux", qu’ils soient propriétaires ou pas ; il ne se prononcerait probablement pas contre les brevets, même s’ils menaceraient l’infrastructure informatique des écoles qui auraient "passées au libre".

  • 13 mai 2004 20:53, par Luc Tremblay (CSDM)

    que ça coûte plus cher ou soit plus difficile importe peu...

    Je ne suis absolument pas d’accord avec cet énoncé.

    J’ai déjà entendu la même rhétorique d’un vendeur de la GRICS. C’est tout dire !

    La GRICS affirme à qui veut bien l’entendre que le "patrimoine collectif" des commissions scolaires, c’est elle qui le détient. Si les CS investissent beaucoup d’argent dans la GRICS c’est pas si grave car c’est notre patrimoine collectif... . Donc, si on veut avant tout s’assurer de conserver notre patrimoine collectif, il ne serait pas nécessaire de passer au libre. Mais de faire confiance a une entreprise, une coorporation comme la GRICS... (bip !)

    Cher camarade le temps du PC et de la Ligue Ouvrière Révolutionnaire est révolue. Si je vais à la banque au lieu de la Caisse Populaire, c’est parce que la banque m’offre des taux d’intérets plus avantageux pour mon hypothèque, en dépit du patrimoine collectif d’une coopérative.

    Les CS et les entreprises en général ne veulent pas du libre pour des questions philosophiques mais pour des questions beaucoup plus pragmatiques. Ce que le libre offre c’est la liberté. La liberté pour toute entreprise et toute commission scolaire de controler ses coûts et de mettre en concurence des firmes et des individus en ce qui concerne les services afférents. C’est déja beaucoup.

    Et commencer à lancer des cailloux au ministre Reid, parce qu’il est soucieux des coûts des logiciels propriétaires... n’est pas logique. A moins bien sûr que l’on soit en faveur des logiciels propriétaires !

    Le gouvernement du Québec donne 50 millions à Microsoft chaque année...et les commissions scolaires donnent de 8 à 10 millions. 60 millions par année ça peut aider à créer des richesses collectives... Si ça peut vous faire plaisir. :-)

  • 15 mai 2004 16:27, par Clément Laberge

    Et commencer à lancer des cailloux au ministre Reid, parce qu’il est soucieux des coûts des logiciels propriétaires...

    On s’entend bien sur le fait qu’il ne s’agit pas de commencer à lancer des cailloux au ministre Reid parce qu’il est soucieux des coûts des logiciels propriétaires... C’est tout à son honneur de s’intéresser au monde du logiciel libre pour le réseau scolaire.

    Je ne fais d’ailleurs pas une religion du logiciel libre. Parfois, c’est un logiciel propriétaire qui répond le mieux au besoin. Il faut seulement savoir prendre en compte, par exemple, dans nos décisions :

    - les coûts à court terme ;
    - les coûts à long terme (en terme de vulnérabilité à des hausses de prix, fin du développement ou du soutien technique d’un logiciel) ;
    - la possibilité d’adapter le logiciel à nos besoins ;
    - les normes utilisées pour assurer l’interopérabilité des logiciels entre écoles qui ont fait des choix différents).

    Le vice dans l’intervention de M. Reid l’autre jour, c’est qu’il ne rendait pas compte de cette diversité de critère, réduisant la chose aux premiers éléments.

    Si nos décisions sont prises de façon éclairée par rapport à tous ces points, il y a de la place dans le marché pour les solutions libres et pour les solutions propriétaires.

    J’ai la conviction personnelle... qu’on penchera toutefois plus souvent qu’autrement pour le libre. Mais ce n’est qu’une opinion.

  • 16 mai 2004 23:02, par Clément Laberge

    Un texte de Michel Dumais, dans Le Devoir du 17 mai, sur le même sujet :

    http://www.ledevoir.com/2004/05/17/54729.html

  • 16 mai 2004 23:34, par Clément Laberge

    Aussi ici, sur le carnet de Michel Dumais, pour ceux et celles qui pourraient éprouver de la difficulté à consulter le texte sur le site du Devoir :

    http://www.micheldumais.com/2004-05-16-votez-libre-ca-veut-dire-quoi

  • 17 mai 2004 16:18, par Marc Lavallée

    J’ai écrit : que ça coûte plus cher ou soit plus difficile importe peu...

    Luc Tremblay a répondu :
    Je ne suis absolument pas d’accord avec cet énoncé.

    Ce n’est pas un énoncé. On recommence...

    Le mouvement pour les logiciels libres est supporté par plusieurs grandes entreprises informatiques et une innombrable quantités de PME, qui ne les choisissent pas pour leurs seuls avantages économiques à court ou moyen terme. Les choses ont un prix, et ce n’est pas différent pour les logiciels libres ; le dépassement de coût du "passage au libre" de la ville de Munich le démontre, et même celui qui a négocié avec la ville de Munich travaille maintenant pour Microsoft. Les affaires sont les affaires... Il doit donc y avoir une autre raison pour le succès des logiciels libres. Évidemment, plusieurs ne voudront comprendre et prendre que ce qui font leur bonheur, trop souvent de manière optue, comme le fait l’OSI. Je vous invite à élargir vos horizons.

    La GRICS affirme à qui veut bien l’entendre que le "patrimoine collectif" des commissions scolaires, c’est elle qui le détient.

    Eh bien il mentent, n’est-ce pas ? Le patrimoine collectif est par définition "collectif"...
    Seriez-vous inconsciemment en train de leur donner raison ?

    Cher camarade le temps du PC et de la Ligue Ouvrière Révolutionnaire est révolue.

    Mais à qui vous adressez-vous ? À moi ? J’en suis flatté. Le mouvement pour les logiciels libres est effectivement à gauche, et je me réjouis de son influence positive sur les décideurs trop souvent à droite, même si c’est seulement parce que les logiciels libres s’avèrent économiquement rentables. Mais il faut qu’ils comprennent aussi qu’il y a d’autres raisons.

    Les CS et les entreprises en général ne veulent pas du libre pour des questions philosophiques mais pour des questions beaucoup plus pragmatiques. Ce que le libre offre c’est la liberté. La liberté pour toute entreprise et toute commission scolaire de controler ses coûts et de mettre en concurence des firmes et des individus en ce qui concerne les services afférents. C’est déja beaucoup.

    Comprenez que cette liberté contractuelle et concurentielle, qui vous est offerte gracieusement par le mouvement pour les logiciels libres, dépend de considérations philosophiques qui s’appuient entre-autres sur des critères économiques. C’est tout de même merveilleux, non ? Ne tirez pas sur les philosophes Mr. Tremblay, ce n’est vraiment pas bon pour les affaires...

    Et commencer à lancer des cailloux au ministre Reid, parce qu’il est soucieux des coûts des logiciels propriétaires... n’est pas logique. A moins bien sûr que l’on soit en faveur des logiciels propriétaires !

    Les logiciels libres risquent d’être bientôt très menacés en Europe, par l’entremise de brevets logiciels illimités. Logiquement, si le ministre Reid est d’accord sur la légitimité des brevets qui rapportent gros à l’Université de Sherbrooke, il se questionnera alors sur la légitimité des brevets logiciels qui menaceraient les logiciels libres.

    — 
    Marc

  • 17 mai 2004 22:45, par Luc Tremblay

    Le mouvement pour les logiciels libres est supporté par plusieurs grandes entreprises informatiques et une innombrable quantités de PME, qui ne les choisissent pas pour leurs seuls avantages économiques à court ou moyen terme.

    Et alors ?? Bon, ils les choisissent pour le long terme ? C’est peut-être plus payant ( : ?)))... ou encore ils le font parce qu’ils veulent laisser un legs coorporatif à la société, ou encore ils sont de gauche ( : ?))))))... (Je vous laisse choisir la réponse)

    Eh bien il mentent, n’est-ce pas ? Le patrimoine collectif est par définition "collectif"... Seriez-vous inconsciemment en train de leur donner raison ?

    Pour votre information, la GRICS est une coorporation sans but lucratif (anciennement SIMEQ, Service Informatique du Ministère de l’Éducation du Québec), dont les propriétaires sont des commissions scolaires, et l’argumentaire sur le patrimoine collectif à été galvaudé à plusieurs reprises, par eux bien entendus, par d’autres de tout acabits et par surtout par la majorité des commissions scolaires, ca serait donc à eux de répondre à votre question. Ce que je note c’est à quel point l’argumentaire se ressemble.

    Mais à qui vous adressez-vous ? À moi ? J’en suis flatté. Le mouvement pour les logiciels libres est effectivement à gauche, et je me réjouis de son influence positive sur les décideurs trop souvent à droite...

    Si ca peut vous faire plaisir ! Mais ne vous réjouissez pas trop, car je doute qu’IBM et SUN ne partagent totalement votre vision...

    Comprenez que cette liberté contractuelle et concurentielle, qui vous est offerte gracieusement par le mouvement pour les logiciels libres, dépend de considérations philosophiques qui s’appuient entre-autres sur des critères économiques. C’est tout de même merveilleux, non ? Ne tirez pas sur les philosophes Mr. Tremblay, ce n’est vraiment pas bon pour les affaires.

    Des considérations philosophiques qui s’appuient entre-autres sur des critères économiques ????

    Enlevez l’économique et de la philosophie on ne retrouvera que de longues logorrhées. Vous devriez élargir vos connaissances en matière d’économie. Si le libre a l’essor qu’il mérite ce n’est qu’a cause de l’économie, l’économie rien d’autre. Je vous invite a visiter les directions informatiques des commissions scolaires en argumentant que le mouvement pour les logiciels libres, dépend de considérations philosophiques qui s’appuient entre-autres sur des critères économiques. Et n’allez pas dans ma CS, il y a des chances que vous y soyez très mal reçu. Que voulez vous on a certes pas votre "vision" ou encore on à peut-être pas les moyens de philosopher de la sorte, chez nous ?

    Les logiciels libres risquent d’être bientôt très menacés en Europe, par l’entremise de brevets logiciels illimités.

    Effectivement c’est un problème, un mouvement d’envergure pro-libre est en marche... Et on souhaite tous sa réussite... Mais, je le répète encore c’est toujours une question avant tout de liberté économique.

    Logiquement, si le ministre Reid est d’accord sur la légitimité des brevets qui rapportent gros à l’Université de Sherbrooke, il se questionnera alors sur la légitimité des brevets logiciels qui menaceraient les logiciels libres.

    Alors dans ce cas, il y aura aussi un conflit majeur entre lui et différentes facultés dont celle de génie, d’ou provient EduLinux. L’Université de Sherbrooke, si il y en a une, n’a pas besoin de l’argent des brevets logiciels qui sont des miettes ... Je vous suggère d’aller faire une visite, profiter en pour dire bonjour à Benoit de Lignéris et poser lui la question... Il est très gentil et il se fera un plaisir de vous répondre.

    Luc

  • 18 mai 2004 21:36

    Une précision :

    J’ai déja lu que c’est une légende urbaine quand on dit que l’Open source est une création de gens de la gauche. Il y a qui disent que c’est Micro$soft qui aurait lancé la rumeur. Il y a autant des gens de la droite que de la gauche (Eric Raymond qui a écrit "The cathedral and the bazar" se dit de lui même qui est un type de droite !) Donc ca n’a aucun rap ! Et ce fut même écrit dans les revues à grandes diffusions, par ce qu’aux states se faire traiter de communiste, c’est pas politicly correct. En Europe c’est autre chose, mais la FSF c’est aux states que ça débuté. pas au québec.

    Merci.

    Steve

  • 19 mai 2004 19:45, par Marc Lavallée

    Luc Tremblay a écrit :

    Mais ne vous réjouissez pas trop, car je doute qu’IBM et SUN ne partagent totalement votre vision...

    Est-ce bien nécéssaire ? IBM la partage déjà plus que SUN, et IBM gagne. Ce que je veux, c’est qu’IBM et SUN s’accorde avec le mouvement pour les logiciels libres, pour les raisons qui sont les siennes, en respectant les raisons à l’origine de la fondation du mouvement. Les licences de logiciels libres (et en particulier la GPL) sont conçus pour "inciter" ce respect.

    Des considérations philosophiques qui s’appuient entre-autres sur des critères économiques ? ? ? ?

    Je ne suis pas le seul à le dire, même ici dans notre petit Québec bien profond : http://www.ledevoir.com/2004/05/17/54729.html
    http://mille.ca/mille/logiciels/definition/philosophie.do
    (D’ailleurs, je crois être à l’origine de l’information sur les logiciels libres et l’Unesco)

    Les sources principales :
    http://www.gnu.org/philosophy/philosophy.fr.html

    Sinon, le discours le plus achevé et engagé sur les logiciels libres est celui du docteur Eben Moglen, juriste américain et conseiller principal de la FSF : http://emoglen.law.columbia.edu/publications/anarchism-fr.html

    Si le libre a l’essor qu’il mérite ce n’est qu’a cause de l’économie, l’économie rien d’autre.

    Si c’est le seul critère qui intéresse d’abord la majeure partie des ses utilisateurs, aucun problème, puisqu’en adoptant les logiciels libres, ses principes finissent par être mieux connus. C’est de la contamination positive, et j’en suis une des heureuses victimes. Mais si c’était seulement les critères économiques qui prévalaient, les logiciels libres perdraient systématiquement au profit de la "copie non-autorisée" (ou "piratage") de logiciels propriétaires, activité populaire et supportée pour le bénéfice des grands éditeurs. Si le cheval de Troie pour l’adoption des logiciels libres est le bas prix, et bien tant mieux si ça réussit.

    Et n’allez pas dans ma CS, il y a des chances que vous y soyez très mal reçu.

    J’ai bien envie d’y aller, maintenant que vous m’y invitez. Ça me ferait plaisir de vous remonter le moral.

    L’Université de Sherbrooke, si il y en a une, n’a pas besoin de l’argent des brevets logiciels qui sont des miettes

    Pourtant, elle s’en vante :
    http://pole.usherbrooke.ca/fr/membres/usherbrooke.html"

    Bonne lecture !
    — 
    Marc

  • 19 mai 2004 20:05, par Marc Lavallée

    Steve a écrit :

    on dit que l’Open source est une création de gens de la gauche.

    Faux.

    Le terme "logiciel libre", a été inventé dans les années 80 par la FSF.
    Voir aussi la définition dans Wikipedia

    Le terme "open source" a été inventé vers la fin des années 90 par l’OSI, pour favoriser l’adoption des logiciels libres par l’industrie informatique, majoritairement à droite ou apolitique par ignorance.
    Voir aussi la définition dans Wikipedia

    En gros, "logiciel libre" est à gauche et a été inventé en premier, tandis que "open source" est à droite et a été gossé par la suite. Mais c’est très simpliste comme classification, parce les deux "mouvements" cohabitent et collaborent. La FSF critique beaucoup l’OSI pour l’exclusion d’un discours politique et l’OSI critique la FSF pour sa mauvaise campagne de marketing. Encore là je simplifie...

    — 
    Marc


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