Je vous donne une réponse un peu longue mais qui pourra sans doute être utile à plusieurs personnes. Il s’agit de la transcription d’un courriel que j’ai transmis à un copain vivant en France et qui vient d’acquérir un appareil numérique de marque Canon (c’est important ici parce que Canon a des appareils qui sont très bien reconnus dans le monde du libre). Mon copain utilise surtout Windows, avec des logiciels libres, mais il a aussi une installation Linux...
>>> L’extrait du courriel : >>>
> Dis-moi, comment travailles-tu avec tes photos prises au numérique ?
Tu m’écris que tu les "réduits" avant de les expédier. Tu utilises
quel logiciel ? Comment procèdes-tu ? Je présume que tu conserves la
version originale, et que c’est une copie que tu allèges ?
Je conserve mes photos originales après quelques retouches (dont les
fameux yeux rouges). Je prends toujours mes photos avec la résolution
maximale. Une fois corrigée, je sauvegarde l’image en jpg avec un taux
de compression de 97 ce qui n’en modifie à peu près pas la taille et
n’enlève que très peu d’information à l’image. Ne jamais oublier que le
format Jpeg est un format qui PERD de l’information à CHAQUE
sauvegarde, même si le taux de compression est fixé à 100 !
Toutes mes manipulations et corrections se font avec Gimp 2.2. Gimp est disponible (de facto dans notre langue lorsqu’on l’installe, il est multilingue comme la plupart des logiciels libres) à http://www.gimp.org/. Il
existe même une version qui fonctionne très bien sous Windows à
http://gimp-win.sourceforge.net/stable.html. Installe le gtk+ en
premier, puis Gimp. Tu trouveras aussi la fonction d’aide en français
que je te conseille d’installer aussi. [note : Gimp n’a rien, mais alors là rien à envier aux coûteuses solutions propriétaires du genre Photo$hop]
Lorsque mes photos sont téléchargées dans l’ordi, je les place dans un
répertoire temporaire. J’utilise le logiciel jhead (en ligne de
commande — et qui existe aussi pour Windows — à
http://www.sentex.net/ mwandel/jhead/) pour renommer en lot toutes mes
images. La commande à taper :
jhead -n%Y%m%d-%H%M *.jpg
va renommer toutes les images (*.jpg) avec la date et l’heure de
création de l’image contenue dans les données EXIF (Extended
Information File) de chaque image. Par exemple, tu peux obtenir :
060226-1133.jpg et 060226-1133a.jpg si la seconde photo a été prise à
la même minute. On peut aussi modifier la commande jhead pour ajouter
les secondes mais je trouvais cela trop lourd...
Je suis prêt à travailler mes photos. Je crée alors un sous-repertoire
« 2006 » pour y loger mes photos finales et un autre nommé « 4x6 » dans
lequel je conserve les versions réduites et redimensionnées (dans le
rapport des photos 4"x6" qui est le standard d’impression ici).
Je corrige les yeux rouges et les images trop sombres avant de les
sauvegarder. Je recadre ensuite les images en conservant l’essentiel
désiré, le rapport 1:1,5 (Maj+C dans Gimp) me donne une image pour une
photo 4x6. Enfin je sauvegarde une version réduite de la photo recadrée
avec Image -> Échelle et taille de l’image -> et je donne une largeur
d’image de 2048, la hauteur s’ajuste tout seul. L’interpolation cubique
est choisie par défaut (dans mes préférences de Gimp). Sauvegarde en
jpg avec un taux de compression à 80. Cela me donne des images dont le
poids varie de 300 à 450 ko environ.
Les archives photos peuvent enfin être gravées sur un cédérom ou un DVD
NON réinscriptible. On peut aussi utiliser un logiciel pour générer des
miniatures insérées dans une page html pour avoir un bon aperçu du
contenu du disque. Ce n’est pas le choix de logiciels qui manque...
Remarque que je ne l’ai pas encore fait ;-) !
> Et, pendant que je t’ai presqu’en ligne, comment fais-tu pour éviter
ou pour réduire les yeux rouges ? Presqu’à chaque fois que je prends
une photo d’une personne, j’ai ce phénomème, bien que j’ai activé la
protection contre ce désagrément.
Les yeux rouges sont inévitables chez les personnes aux yeux pâles. Le
flash intégré de Canon est très puissant, il éclaire la rétine de
l’oeil qui est rouge. Il faut donc assombrir toute la partie rouge
jusqu’à ce qu’elle devienne noire et ajouter, à la main, le petit point
blanc qui donne de la vie à l’oeil. Suis cette technique comme moi :
http://www.absolut-photo.com/tutoriels/yeux_rouges_gimp.php
Bien sûr il existe des filtres ou des macros qui peuvent peut-être
donner un bon résultat, il y en a de disponibles dans l’Internet pour
Gimp. Mais je préfère la correction manuelle qui me donne plein
contrôle. Je suis pointilleux !
>>> [...] bla bla bla [...] >>>
Je termine en te soulignant, comme dans ma présentation [j’avais donné une présentation sur Gimp en octobre dernier pour le groupe LinuQ à Québec], que c’est
l’outil Niveau qui m’est le plus utile pour corriger une image. Ensuite
j’utilise la technique du calque désaturé et inversé pour équilibrer
l’image et je termine avec la correction des yeux rouges. Évidemment
c’est un peu long, mais le résultat est toujours impeccable.
Dernière chose, si jamais tu utilises toujours Linux (et je te conseille
vivement Ubuntu) alors tu auras aussi en prime un éditeur TRÈS puissant
nommé ImageMagick qui connaît/édite/sauvegarde près d’une centaine de
formats d’images. Il permet des traitement d’images en lots avec une
toute petite commande. Par exemple :
mogrify -resize 1024x768 -quality 80 *.jpg
va redimensionner toutes les images du répertoire en 1024x768 en jpg
avec une compression de 80.
Voilà, en espérant que cela te donne un bon coup de pouce pour bien
aborder le numérique !
>>> Fin de l’extraction du courriel >>>
Raymond
p.s. Je trouverai bien le temps sous peu d’écrire un petit article sur la technique du calque désaturé et inversé pour corriger une photo trop sombre :-)